Tour de l’Alpamayo: 7 jours en autonomie

3 jours après notre retour du trek de Santa Cruz (voir notre article sur ce trek), notre premier en totale autonomie, nous remettons le couvert, toujours dans la cordillère blanche avec cette fois le tour de l’Alpamayo, notre plus gros challenge de ce Tour du Monde !!

Trek dans la cordillère de Huayhuash … ou pas

Il y a quelques semaines, alors à San Augustin en Colombie, nous faisions la connaissance de Xavier, un français en voyage en Amérique latine qui avait passé quelques temps au Pérou, notamment pour y trekker. Il nous raconte alors qu’il y a fait le plus beau trek de sa vie dans la cordillère de Huayhuash, au sud de la cordillère blanche. Bref, il nous chauffe à mort avec son récit et nous n’avons plus qu’une idée en tête, le faire aussi !!

Une fois à Huaraz, on s’ambiance donc d’avantage en faisant notre premier trek en autonomie, celui de Santa Cruz. Dès notre retour, nous nous attaquons donc à la planification de ce gros défi pour nous. Sauf que plus nos recherches avancent, plus certains points nous embêtent…

Premièrement, son prix, car, même si la Cordillère de Huayhuash n’est pas soumise à un droit d’entrée géré par un parc national comme c’est le cas de la Cordillère Blanche avec le parc de Huascaran, ici, les populations locales instaurent des péages illégaux pour le passage de leurs villages (ou d’un espace vide parfois, tout est bon pour récolter de l’argent). Et on ne parle pas de petite monnaie car pour l’ensemble du trek qui dure au minimum 8 jours, on vous demandera tout de même de débourser plus de 200 NS par personne, rien qu’en taxe. Pour les récalcitrants à ce genre de méthodes qui voudraient passer outre ou négocier, nous avons lu à de nombreuses reprises que ceux qui demandent ces taxes sont parfois accompagnés d’hommes armés pour force de dissuasion… Un peu moyen quoi. Les rapports avec les locaux ne sont apparemment uniquement liés à une demande d’argent… Côté insécurité, on rapporte également plusieurs agressions (dont certaines mortelles…) sur des touristes qui refusaient de se faire dépouiller de leurs sacs…

Bref, déjà qu’Adeline n’était pas très rassurée en revenant à Huaraz où elle s’était fait agressé il y a 3 ans, nous n’avions pas vraiment envie de faire un trek en étant toujours sur le qui-vive…

Toutefois, les paysages sont apparemment vraiment magnifiques et beaucoup disent que malgré les rapports spéciaux avec les populations locales, ils en gardent un très bon souvenir.

Changement pour l’Alpamayo

Après avoir lu tout ça, on s’est donc bien refroidi tant sur le niveau budget (qui ne correspondait pas vraiment à ce qu’on se faisait d’un trek en pleine nature) que pour le côté sécuritaire. C’est alors que nous avons commencé à nous renseigner sur un trek proche de Huaraz, toujours dans la cordillère blanche et le parc de Huascaran, celui du Tour de l’Alpamayo. L’un de ses avantages pour nous est que nous avions déjà le ticket d’entrée au parc car nous avions fait la lagune 69 ainsi que le trek de Santa Cruz. Valable 21 jours, nous étions donc encore bons !! Des différents blogs que nous lisions, il était possible de le faire entre 7 et 10 jours selon les détours fait et si nous étions ou non accompagnés de mules. On part donc faire les courses pour ce trek qui devrait donc être pratiquement 3 fois plus long que celui de Santa Cruz.

Alpamayo Pérou

Qu’est-ce qu’on a dans nos sacs ?

Niveau équipement, nous partions avec les mêmes affaires que nous avions pris pour le trek de Santa Cruz. Là où nous prévoyions plus, c’était bien sûr au niveau de la nourriture, car durant tout le trek, il n’y a aucun point où l’on peut se ravitailler. Ne sachant pas en combien de temps nous allions le faire, nous avons donc prévu le maximum lu, soit 10 jours de vivres. Nos sacs étaient donc ainsi répartis :

Ad's préparation trek de l'Alpamayo

Equipement pour la journée :

- Chaussures de marche – Chaussettes de marche – Bâtons de marche – Gants – Bonnet – Casquette – Pantalon de marche – T-shirt technique – T-shirt manche longue en laine Mérinos – Veste polaire – Veste imperméable type Gortex – Lunettes de soleil – Carte topographique – Boussole – Une cape de pluie

Equipement pour le camping :

- Une tente 3 personnes – Deux duvets prévus pour les basses températures (-17°C température de confort) – Deux matelas de sol – Un réchaud multicombustible (ici de l’essence) – 1L d’essence pour recharger le réchaud – Une popotte avec assiettes et couverts – Deux couteaux – Deux briquets – Trois rouleaux de papier toilette – Des lingettes pour faire un brin de toilette – Des boules quies – Une mini trousse de toilette – Un cache-yeux – Nos liseuses – Des pastilles micropurs pour purifier l’eau

Tenue pour la nuit:

- T-shirt à manches longues en laine mérinos – Grosses chaussettes de randonnée bien chaudes – Un legging pour Adeline, un sarouel pour moi

Et en change :

- Des culottes et des caleçons – Une paire de chaussette de randonnée

Côté électronique, on prend également :

- Une GoPro – Le caméscope + une grosse batterie – Deux appareils photos – Un chargeur de batterie

Vient ensuite le plus lourd : la nourriture pour 10 jours :

- 9 boites de thons (cette fois on en prendra une pour deux et non plus une par personne le midi) – Du pain de mie pour les sandwichs du midi – Une poche de moutarde refermable

- Pour les petits déjeuner on se fait un mélange d’avoine, raisins secs, lait en poudre, sucre, canelle et chia auquel on rajoutera de l’eau chaude pour se faire une bonne bouillie bien consistante et nous avons pris du maté de coca pour l’altitude.

- 2kg de polenta mêlée à du sucre pour les repas du soir, nous l’avions essayé salé pendant le trek de Santa Cruz sans être trop fan alors on a décidé de l’essayer sucré cette fois-ci. Bon, finalement que ce soit salé ou sucré nous ne sommes pas des amoureux de la polenta au final. On prendra de la semoule ou des nouilles la prochaine fois ;)

- 18 galettes de Kiwacha (céréale locale) – 9 paquet de blé soufflé que l’on trouve dans la rue pour trois fois rien et des petits raisins secs.

Pour les petits déjeuners et les dîners, nous préparons toutes les portions dans des sacs zip-lock avant de partir pour bien pouvoir doser.

Préparation Trek Alpamayo

Cette fois-ci, on sent clairement la différence avec le trek de Santa Cruz puisque nous partons respectivement avec 19 kg pour Adeline et 21 pour moi qui monterons même à 20 et 22 le premier jour de trek en y rajoutant l’eau, quelques fruits que nous avions des jours précédents, nos polaires et nos anoraks que nous ne porterons pas ce jour-là.

Carte ou pas carte ??

Autant pour le trek de Santa Cruz nous vous disions que la carte distribuée à l’office du tourisme était suffisante, autant pour le tour de l’Alpamayo, on vous recommande vivement d’avoir quelque chose de plus précis si vous le faites en autonomie. La mieux à notre sens (et pour en avoir discuté avec des guides sur le parcours, ils étaient bien d’accord) est la carte au 1:100 000 d’origine autrichienne. Seul point négatif : elle est cher, entre 80 et 85 NS dans les magasins à Huaraz alors qu’on peut la trouver sur internet ou dans des magasins spécialisé en France pour pratiquement moitié moins (environ 50 NS, soit 15€).

Si vous ne voulez pas débourser autant, certaines guest house en ont des photocopies de plus ou moins bonnes qualité. Pour notre part, c’est en fouillant sur internet que nous avons trouvé un scan très précis de cette carte et que nous avons donc fait imprimer en couleur au format A1 pour la modique somme de 6 NS :)

 Adri trek de l'Alpamayo Pérou

Notre itinéraire :

En étudiant la carte et les quelques blogs qui en parlent, nous nous créons un petit programme pour le trek. On a le choix pour le départ : Vaqueria (comme nous l’avions fait pour Santa Cruz) ou Hualcayan. C’est cette dernière option que nous choisissons. Nous tablons sur une durée de 8 à 9 jours selon les détours choisis pour voir des points de vue ou des lagunes. En tout, nous allons parcourir un peu plus de 117 km avec de bons gros dénivelés puisqu’en cumul, ils représentent tout de même 10 350 m de dénivelé positif et 9 400 m de dénivelé négatif !!

Trek Alpamayo

1er jour : De Huancarhuaz jusqu’à Huillcash

- 14,5 km en 6h15 de marche, dénivelé positif : 1 939m, dénivelé négatif : 462m

Coupe Jour 1

Départ pour Caraz

Au bout de deux jours de préparation, nous nous lançons dans cette nouvelle ad-venture, notre plus gros défi. Nous partons donc de Huaraz à 5h30 avec un collectivo direction Caraz où nous arrivons 1h15 plus tard. De là, à peine sortis de la gare de bus qu’un taxi nous interpelle et nous propose ses services. On lui dit qu’on veut un collectivo car le taxi est trop cher et comme par enchantement, il se transforme en collectivo et nous demande 10 NS pour nous rendre jusqu’à Cashapampa ou 15 NS pour nous rendre jusqu’à Huancarhuaz. On ne réfléchit pas plus et une grosse heure et demi plus tard nous arrivons à destination. Il est 8h, le trek peut commencer !!

 âne trek de l'Alpamayo Pérou

Première étape : Hualcayan

Arrivés à Huancarhuaz, nous aurions pu de nouveau prendre un taxi pour nous amener directement au village de Hulacayan, mais à 50 NS le taxi pour 30 minutes, on a préféré user de nos guiboles. On se met donc en route sans plus tarder. Si les premières minutes se font sur un petit sentier où nous passons par des champs dq Quinoa et d’amarante, assez vite nous retrouvons la piste, ce qui n’en fait pas une partie très palpitante.

Sur cette dernière, nous rencontrons un vieil homme qui nous propose de le suivre pour profiter de certains raccourcis. Il nous prend un peu sous son aile et nous explique comment rejoindre le village le plus rapidement possible. Vraiment trop sympa.

Au bout de deux heures de marche, nous arrivons ainsi aux abords de Hualcayan par des sentiers un peu perdus. Nous avions lu à plusieurs reprises qu’il existait un péage illégal pour pouvoir passer dans ce village, mais comme nous n’arrivons pas par le chemin principal, nous ne croisons personne et nous ne cherchons pas non plus à croiser trop de monde de peur qu’on nous réclame cette taxe imaginaire…

 En allant à Hualcayan Trek de l'Alpamayo pérou

champs de quinoa ou amarante Pérou

Début du sentier … ou pas

De là, nous débouchons à la sortie du village, contre le flanc de la montagne où nous devrions trouver le début du sentier. Sauf que dans notre volonté d’éviter la taxe, nous essayons de prendre un sentier dès que possible. Assez mauvaise idée au final, puisqu’après plusieurs minutes d’ascension, nous sommes pris d’un doute et je descends un peu plus bas pour m’assurer que nous sommes sur la bonne voie. Je rencontre alors un fermier qui m’explique que le bon sentier est plus loin. On redescend donc en direction cette fois du bon chemin et nous voilà en route !!

Un patchwork magnifique…. mais un peu lassant

Plus nous montons, plus nous avons une belle vue sur le paysage en contrebas. Le village et les champs qui l’entourent forment un magnifique patchwork de couleurs. Sauf que plus les minutes et les heures défilent, plus nous montons, mais toujours en zigzagant sur la même pente. Résultat : le décor ne change absolument pas ce qui devient vraiment lassant au bout d’un moment !!

Ayant pas mal bu depuis le début de la rando, nos bouteilles se sont bien vidées. Arrivés au village, nous voyons beaucoup de point d’eau mais on se dit qu’on va sa les remplir plus loin sur le versant. Grave erreur. On s’est fait une petite frayeur, car une fois dedans, tous les cours d’eau que nous traversons sont à sec… Finalement nous en avons trouvé un au bout d’un moment mais un conseil, remplissez vos gourdes en bas, surtout qu’il y a de quoi faire !!

Nous reprenons notre route de plus en plus lassé par ce paysage qui ne varie pas… Le chemin, toujours en zigzag, n’aide pas non plus à nous débarrasser d’un certain ennuie. Mais nous le savions, cette première journée devait nous permettre de passer au-dessus des 4 000 mètres d’altitude, que nous ne lâcherons pratiquement pas de tout le trek. Cela signifie donc monter pour monter.

Ade trek de l'Alpamayo Pérou

 Adri trek de l'Alpamayo Pérou

Premier bivouac face à la cordillère noire

C’est vers 15h et après avoir gravi plus de 1 900 mètres de dénivelé positif que nous arrivons enfin à notre point de camping, Huiscash. Cette première journée fut pour le moins éprouvante et si nous n’avions ressenti aucune gêne concernant nos sacs sur le trek de Santa Cruz, ici nos sacs à plus de 20 kg se font clairement ressentir !! Une fois au camping, on monte donc vite la tente avant de s’effondrer tous les deux dedans et de faire une bonne petite sieste.

 Premier bivouac Trek de l'Alpamayo Pérou

Coup de bol pour nous au niveau timing, à peine avions nous monter notre maison portative que la pluie se mettait à tomber et c’est donc sous l’orage que nous avons sombré.

Quelques heures plus tard c’est sous le beau temps revenu et face à la cordillère noire que nous prenons notre premier repas du soir de ce trek.

 vue de la tente trek de l'Alpamayo Pérou

2eme jour : De Huiscash à Osoruri

- 19,2 km en 7h de marche, dénivelé positif : 1 851m, dénivelé négatif : 1 597m

Coupe Jour 2

Ce deuxième jour commence bien puisque lorsque nous mettons le nez dehors il fait beau !! Bon, nous avons dormi à plus de 4 300m, donc comme sur le trek de Santa Cruz, la tente est recouverte de gèle, mais une fois de plus, nos gros duvets nous ont parfaitement tenu au chaud durant toute la nuit !!

Une fois le petit déjeuner pris, nous nous mettons donc en marche. Nous avons décidé de faire un détour pour voir la lagune de Yanacocha. Au bout d’un quart d’heure de marche, nous prenons donc un sentier qui part sur la droite (il n’y a aucune indication mais en même temps c’est le seul sentier qui part donc bon :) ) et commençons notre petite ascension. Très vite, nous retrouvons exactement le même décor que la veille mais tout aussi rapidement, nous passons un petit col qui nous amène dans la vallée de Ragraneo au bout de laquelle nous devrions trouver notre fameuse lagune.

Je dis bien devrions car au bout de 2 heures de marche nous avons un magnifique point de vue sur le cirque de Santa Cruz (pas celui avec des lions et des clowns mais celui avec des montagnes et des épaisseurs de neiges juste hallucinantes), ce qui est un spectacle vraiment génial, mais cependant, la lagune que nous étions venu voir est pratiquement complètement asséchée…

la nueve Santa cruz trek de l'Alpamayo Pérou

Lagune Cullicocha

Nous n’aurons ainsi eu que la moitié du spectacle mais très franchement cela valait vraiment le détour !! Nous frôlons les 4 700 m d’altitude et pour le moment nous ne ressentons aucune gêne liée à cela. Nous rebroussons chemin et revenons sur le sentier principal. Cette fois, nous faisons route sur la lagune Cullicocha. Poussés par la faim, nous nous arrêtons d’ailleurs 15 minutes avant celle-ci pour rassasier nos ventres qui criaient famine. C’est donc en tout début d’après-midi que nous l’atteignons, avec ses 4 628m d’altitude et son bleu turquoise. En arrière-plan, la névé de Santa Cruz Norte totalement enneigée.

Pendant quelques instants nous hésitons à planter la tente ici, mais il est encore très tôt et nous décidons finalement de continuer pour dormir au camping d’Osoruri que l’on imagine pas très loin en regardant sur notre carte.

Lagune cullicocha trek de l'Alpamayo Pérou

14. Montagne trek de l'Alpamayo Pérou

On monte, on monte et on a une vue de plus en plus plongeante sur la lagune ce qui nous offre un spectacle vraiment magnifique.

17. Lagune trek de l'alpamayo Pérou

Lagune trek de l'Alpamayo Pérou

1er col du trek: Osururi à 4 860m d’altitude

Une petite heure-et-demi plus tard, nous arrivons au col d’Osoruri, à 4 860 m d’altitude, le plus haut de ce trek !! Nous venons de passer la barre, symbolique pour nous autres français, qu’est l’altitude du toit de l’Europe : le Mont Blanc.

  col d'osoruri trek de l'Alpamayo Pérou

trek de l'Alpamayo Pérou

C’est la tempête

Mais alors que la première partie de la journée s’était déroulée sous le soleil, le ciel s’assombrit de plus en plus et les nuages semblent très proches tout d’un coup. C’est le moment que choisit la grêle pour nous rendre visite… Au départ, on trouve ça marrant, on revêt nos grosses capes de pluie au dessus de nos sacs et en avant, mais très vite, le tonnerre éclate et les éclaires fusent autour de nous… Parfois, entre l’éclaire et le tonnerre, il ne s’écoule pas une seconde, preuve de très grande proximité avec nous. Les montagnes amplifiants le volume sonore, ce n’est vraiment pas rassuré que nous continuons d’avancer. Nous marchons depuis plus de 6h, la fatigue s’accumule et les nerfs commencent à lâcher pour Adeline qui a une très grande peur de l’orage en montagne. Fort heureusement, l’orage ne durera que quelques minutes avant de s’éloigner.

Encore pas très rassurés, nous arrivons sur un flanc de montagne où nous devrions normalement trouver le camping d’Osoruri. Seul problème : il n’y a rien en vue, la pente est raide, donc pas moyen d’y planter la tente et surtout, il semblerait que ce pan de montagne soit sec. Pas un cours d’eau en vue… On commence à sérieusement se demander si nous avons bien fait de ne pas dormir à la lagune…

Arrivée au campement

C’est finalement vers 17h que nous arrivons enfin à un endroit qui semble plat et où coule un tout petit ruisseau. Qu’à cela ne tienne, cela nous suffira amplement pour la nuit. Soulagés au possible, nous y plantons la tente pendant que le ciel se dégage peu à peu, révélant les sommets enneigés des versants d’en face et une mer de nuages à nos pieds. Un spectacle magique.

trek de l'Alpamayo Pérou

 Montagne Trek de l'Alpamayo Pérou

Une fois de plus, dès que nous sommes sous la tente, la pluie se met à tomber. Quelques temps plus tard, lorsque nous sortons de la tente pour aller chercher de l’eau, nous nous retrouvons entourés de vaches. La seule présence vivante de notre journée dans les montagnes.

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 Nuage trek de l'Alpamayo Pérou

3eme jour : D’Osuri à Jancarurish

- 12,2 km en 5h45 de marche, dénivelé positif : 854m, dénivelé négatif : 1 207m

Coupe Jour 3

Pour ce troisième jour, le beau temps nous accompagne dès le lever du soleil et c’est entouré de vache que nous sortons de la tente. Cette dernière est bien sûr une fois de plus couverte de givre.

2ème col du trek: Vientunam à 4 770m d’altitude

La journée commence par un peu de montée puisqu’il nous faut passer le col de Vientunam, à 4 770 m d’altitude, que nous atteignons en une petite heure.

 2ème col trek de l'Alpamayo Pérou

S’en suit une longue descente jusque dans la vallée de l’Alpamayo. Le tout, dans la caillasse, ce qui n’est franchement pas des plus plaisants. C’est là que nous croisons deux muletiers qui repartent en sens inverse et à vide. Beaucoup de ceux qui font ce trek en autonomie se font au moins aider de mules les deux ou trois premiers jours pour ne pas trop à avoir à porter de choses sur le dos.

Quelques centaines de mètres plus loin ce sont deux chiens en mode bien vénère qui nous accueillent. Nous devons alors passer plus loin pour les contourner et arrivons enfin dans le fond de la vallée. Commence alors sa longue remontée qui nous prendra le reste de la journée. Elle n’est d’ailleurs pas désagréable du tout puisque nous remontons tout en douceur en passant par des décors vraiment beaux. Nous nous arrêtons en chemin pour notre pic-nic, non loin d’une aire de camping où ceux qui aurait dormi à la lagune de Cullicocha pourraient s’arrêter pour la nuit.

Ade trek de l'Alpamayo Pérou JPG

33. Vallée trek de l'Alpamayo Pérou 30. Adri trek d el'Alpamayo Pérou

32. Vallée trek d el'Alpamayo Pérou

29. Vallée trek de l'Alpamayo Pérou

 Adri trek de l'Alpamayo Pérou

Un bivouac face à l’Alpamayo

Vers 15h, nous arrivons sur le site de Jancarurish à 4 250 m d’altitude, où se trouve notre emplacement de camping. Situé en fond de vallée avec une vue imprenable sur l’Alpamayo, le spectacle est juste grandiose pour cette troisième nuit du trek.

 Tour de l'alpamayo Pérou

4eme jour : De Jancarurish à Huillca

- 14,8 km en 7 heures de marche, dénivelé positif : 1 101 m, dénivelé négatif : 1 260 m

Coupe Jour 4

La lagune de Jancarurish

Alors que les jours précédents nous nous réveillions sous le ciel bleu, ce matin tout est couvert, surtout l’Alapamayo que nous attendions tant de voir… Espérant que tout cela se découvre, nous replions le camp et nous voilà partis vers la lagune de Jancarusish, notre petit détour de la journée. Sur le chemin, nous remarquons que plusieurs murets ont été bâtis pour empêcher le passage, cela fait tilt dans notre tête, lors de notre préparation du trek, on nous avait prévenus que certaines parties pouvaient être fermées à cette période de l’année. On passe quand même au dessus des deux petits murets de pierres en se disant que si c’est trop risqué on fera demi-tour.

Celle-ci n’est pas bien loin puisqu’en à peine une demi-heure, nous arrivons en haut du pierrier (pas facile de monter dedans d’ailleurs) qui la domine. Là encore, elle est d’un bleu turquoise avec les sommets enneigés, dont l’Alpamayo qui la surplombent.

Coup de chance pour nous car tous les nuages sont partis au moment où nous sommes arrivés.

lagune de l'Alpamayo Pérou

Le mirador… ou pas 

Au départ, nous avions prévu de faire un détour vers un mirador à plus de 5 000 m d’altitude et qui donne une vue panoramique sur les différents sommets des alentours. Mais d’une, on se dit que les murets étaient peut-être là pour en interdire l’accès et en plus les nuages commencent à revenir au galop donc bon, on se fait vite une raison.

38. Alpamayo Pérou

 L'Alpamayo Pérou

Montée vers le col Coracora

Après une bonne pause, nous reprenons notre chemin pour la suite du trek. Au programme : le passage du col Coracora, à 4 830 m d’altitude. Mais avant toute chose, il nous faut passer le cours d’eau qui coule dans le fond de la vallée. Jusque-là, pas de difficulté puisqu’un pont est aménagé pour ça. Là où ça se corse un peu, c’est pour retrouver le sentier une fois de l’autre côté. Toute la première partie étant souvent balayée par les crues, le sentier n’est pas visible et ce n’est que grâce aux petits tas de pierres laissés ça et là par des trekkeurs, que nous avons pu retrouver sa trace.

Ade tour de l'Alpamayo Pérou

Nous montons donc et de manière bien raide d’ailleurs, le flanc de la montagne. Au bout de quelques temps, nous arrivons à une autre lagune et étant déjà bien en hauteur, nous avons également vue sur celle de Jancarurish. C’est le moment qu’à choisi le ciel pour se dégager quelques instants et nous offrir le spectacle magique de ces eux lagunes au milieu des montagnes. Cette embellie n’aura finalement duré que quelques minutes avant que le ciel ne se recouvre. Cela nous fait d’ailleurs relativiser le fait de ne pas être allé au mirador, la vue aurait de toute manière été bouchée.

tour de l'Alpamayo Pérou

 Tour de l'Alpamayo Pérou

Continuant notre ascension, nous arrivons dans un décor exclusivement minéral. A de très rares exceptions près, il n’y a plus aucuns végétaux à cette altitude. Nous approchons des 4 800 m et la pente se fait de plus en plus raide. Si raide que de loin, nous n’arrivons pas à voir comment nous allons pouvoir franchir le mur qui se dresse devant nous. Le vent souffle de plus en plus fort à l’approche du col et avec le poids de nos gros sacs, nous nous faisons déstabiliser à de nombreuses reprises.

43. Adri tour de l'Alpamayo Pérou

 Ade tour de l'Alpamayo Pérou

3ème col du trek: Coracora à 4 830 mètre d’altitude

C’est finalement un peu après midi que nous passons enfin ce col, notre second à plus de 4 800 m, pour arriver dans la vallée de Mayobamba. On s’y arrête faire une petite pause photos et vidéos mais très vite, nous reprenons notre chemin car le froid nous assaille.

 Ad's au col de Cara Cara tour de l'Alpamayo Pérou

tour de l'Alpamayo Pérou

Nous redescendons donc et croisons le premier groupe de trekkeurs depuis le début. Il s’agit d’un groupe de russes qui le font dans l’autre sens avec muletiers, guides et cuisiniers. Ils nous proposent d’ailleurs de rebrousser chemin pour passer la soirée avec eux à boire de la vodka :) Plus bas, nous croisons les retardataires du groupe qui ont vraiment l’air de subir leur marche, alors qu’ils n’avaient pas de sacs à porter… Du coup on sent qu’on est plutôt bien habitué à l’altitude et au poids de nos sacs qu’on subissait plus le premier jour (bon en même temps, ayant mangé 3 jours déjà, leur poids à déjà un peu fondu).

 trek tour de l'Alpamayo Pérou

Une vallée toute en douceur

On descend donc cette nouvelle vallée dont la pente n’est vraiment pas prononcée cette fois-ci. Le décor est lui aussi très différent de ce que nous avions vu jusqu’à présent. Pas de pic enneigées et de pentes raides mais plutôt de gros blocs de roches qui semblent déchirer ça et là un paysage de collines verdoyantes. On y a vraiment l’impression d’être seuls au monde !!

4ème col du trek: Mesapata à 4 460m d’altitude

Au bout de quelques kilomètres, nous avons à passer notre second col de la journée, celui de Mesapata, à 4 460 m d’altitude. Sauf que comme nous venions de plus de 4 800 et que la pente n’était pratiquement pas marquée depuis le début de la vallée, ce passage de col s’est vraiment fait très très facilement puisque nous n’avons pratiquement pas eu à remonter et le peu que nous avons fait était sur une pente assez douce. On ne va d’ailleurs pas s’en plaindre :)

 Tour de l'Alpamayo Pérou

 Ad's passage de col trek de l'Alpamayo Pérou

Vallée de Huillca

Une fois de l’autre côté, re-changement de décor avec un mixte des deux derniers cette fois. On retrouve les sommets enneigés au loin, mais la vallée qui s’ouvre à nos pieds est verdoyante et vallonnée. De là, on commence à en avoir plein les pattes et la fatigue nous gagne peu à peu. On a hâte d’arriver enfin au campement. Cet état de fatigue nous rend d’ailleurs moins vigilants et nous tombons chacun notre tour pendant la descente. Rien de bien méchant, juste les fesses par terre ou bien retenu in extremis par nos bâtons, mais on sent qu’on veut arriver.

Alors que nous approchons du fond de la vallée, un jeune homme accompagné d’un petit garçon nous fait de grands signes, saute sur son cheval et vient à notre rencontre. Le cœur d’Adeline battait la chamade alors qu’il s’approchait, stigmate de son agression quelques années auparavant. Au final, il se poste juste derrière nous et nous demande d’où nous venons etc… Tout gentil sauf qu’il nous suit de près et lorsqu’on s’arrête, il s’arrête aussi en nous regardant. Bon, au bout d’un moment, il était bien gentil mais c’est vrai que ça met un peu mal à l’aise quand tu t’arrêtes regarder le paysage et qu’une personne que tu ne connais pas te fixe à 2 mètres de toi pendant 2 minutes…

Finalement, nous avons coupé à travers champ pour être plus tranquille et comme nous n’étions qu’à quelques centaines de mètres du campement, nous décidons de nous arrêter pour la nuit dans un endroit tout mignon, loin des quelques habitations que nous avions vu vers ce premier. On plante donc la tente et on prépare notre petit bivouac.

4ème bivouac Trek de l'Alpamayo Pérou

5eme jour : De Huillca à Jancapampa

- 12,8 km en 6h30 de marche, dénivelé positif : 842 m, dénivelé négatif : 1 146m

Coupe Jour 5

Le lendemain, c’est sous les nuages que nous nous réveillons. Le ciel est bas et chargé et on espère qu’on ne se prendra pas trop une saucée dès le départ. Nous plions bagages et nous voilà repartis. Nous arrivons assez vite dans la vallée de Huillca où on trouve nos premières habitations sur notre chemin depuis le début du trek. Qui dit maison dit chien, pour le plus grand bonheur d’Adeline, surtout que les chiens qui vivent ici sont d’une intelligence imparable : « quelque chose bouge -> j’aboie, même si c’est des gens avec qui j’ai marché la veille avec mon maître ». Bref, une fois les chiens calmés, on passe un « pont », comprendre deux troncs d’arbres posé en travers d’un cours d’eau, avant de s’apercevoir qu’il en existait un bien plus solide et large en béton à quelques centaines de mètres en amont… :/

Nous continuons toujours dans cette vallée où nous galérons à passer un second cours d’eau avant d’entamer notre montée vers le col de Yoncacon. Les premiers kilomètres se font assez facilement puisque le sentier est bien visible puis nous arrivons sur une sorte de plateau où un impressionnant troupeau de moutons est en train de paître. Qui dit moutons dit chiens à l’intelligence toujours aussi flamboyante qui nous foncent dessus en hurlant à qui mieux mieux…

 moutons trek de l'Alpamayo Pérou

Nous finissons par passer et arrivons devant des bergers que nous saluons et qui, au lieu de nous répondre un « ola » ou un « buenos dias », nous demandent « regalo ? Chocolate ? Caramelos ? » Bah, oui, c’est bien connu, je me trimbale 20 kg sur le dos juste pour te filer des chocolats ou du caramel !! Et avant qu’on ne puisse me dire « oui mais tu sais, c’est la misère pour eux les pauvres, etc… », je précise tout de même qu’ils étaient en train de garder un troupeau d’environ 200 têtes d’ovins accompagné d’une cinquantaine de bovins et une bonne dizaine de chevaux. Je pense que même en France un tel cheptel est signe d’une bonne santé financière, alors au Pérou… Et lorsqu’on apprend par la suite que ce genre d’éleveurs fini par vendre leur troupeau au bout de quelques années pour vivre de leur rente le reste de leur vie dans le nord du Pérou ou le sud de l’Equateur, on est en droit de se poser la question de savoir s’ils ne se foutent pas un peu de nous ?? Par comparaison, le petit berger croisé la veille avec ses 6 chèvres et quelques chevaux ne nous a jamais rien demandé à part d’où nous venions et si nous aimions son pays alors que la misère devait être bien plus grande chez lui !!

Bref, nous continuons donc notre chemin, du moins tant que nous le voyons. Car très vite, celui-ci s’efface et nous nous retrouvons à chercher ça et là la suite de notre itinéraire. En consultant la carte topographique, nous voyons où il faut nous rendre mais nous ne trouvons toujours pas la moindre trace d’une petite sente. C’est donc tout azimut que nous commençons la grimpette. C’est de plus en plus raide et le manque de sentier fait que nous évoluons dans des herbes ou des caillasses, ce qui est loin d’être agréable et confortable.

Finalement, à force de persévérance, nous débouchons sur le sentier que nous avions perdu et avec lequel nous allons parcourir les dernières centaines de mètres jusqu’au col. Pour cette dernière partie, là encore, le végétal laisse place au minéral et la pente devient extrêmement raide.

5ème col du trek: Yoncacon à 4 610m d’altitude

C’est avant midi que nous passons finalement le col, épuisés par notre montée sans sentier. Le vent souffle, mais pas non plus à décorner les bœufs, en revanche, le froid est saisissant. Nous ne nous attardons donc pas et descendons dans cette nouvelle vallée qui offre quelques lagunes.

 Passage de col Trek de l'Alpamayo Pérou

 Ad's passage de col trek de l'Alpamayo Pérou

Vallée Trek d el'Alpamayo Pérou

De là, nous croisons de nouveau quelques personnes, dont deux jeunes qui nous dévisagent en nous regardant de la tête au pied. Vous pouvez vous dire qu’on est un peu parano, mais pour le coup, ils étaient plus qu’insistants et se retournaient sans cesse une fois que nous étions passés…

Nous continuons notre chemin vers la vallée Jancapampa à quelques kilomètres en aval. Au bout d’un moment, nous croisons un père et sa fille qui descendent eux aussi dans la vallée. Ils n’ont pas grand-chose, juste quelques vaches et deux mules, mais sont tout contents de nous parler et de voir que nous leur parlons espagnol. A côté de ça, quelques centaines de mètres plus loin, nous croisons de nouveau deux bergères gardant une bonne cinquantaine de chèvres et moutons et qui nous demandent, là encore sans nous dire bonjour, des cadeaux, du chocolat ou des caramels… Agacé, j’hésite à leur rendre la question, mais poursuit mon chemin.

55. vallée trek de l'Alpamayo Pérou

Une arrivée à Jancapampa un peu chaotique

De là où nous sommes, nous pouvons voir la vallée de Jancapampa où nous allons passer la nuit. Seulement voilà, les chemins se multiplient et nous nous retrouvons assez vite dans des culs de sacs ou devant des sentiers qui remontent le long des versants… Après quelques dizaines de minutes d’errance, nous trouvons un petit sentier longeant un cours d’eau que nous suivons sur plusieurs centaines de mètres avant d’apercevoir de l’autre côté du torrent un chemin bien plus important. On traverse donc pour enfin nous retrouver dans le droit chemin qui nous amène directement dans la vallée.

Une fois en bas, on nous demande de nouveau des cadeaux ou des crèmes de beauté (histoire de varier les plaisirs) puis nous passons un petit pont en rondin avant d’arriver dans la plaine alluviale de Jancapampa, qui nous accueillera pour la nuit. Face à nous, le spectacle est total. La vallée se termine par un mur rempli de cascades alimentées par un glacier aux reflets bleutés… Pour couronner le tout, le soleil et le ciel bleu qui nous avaient tous deux boudé tout au long de cette journée, font leur grand retour. Grandiose !!!

57. En arrivant à Jacapampa Tour de l'Alpamayo Pérou

61. glacier tour d el'Alpamayo Pérou

C’est face à tout cela que nous plantons notre tente, non loin d’ailleurs du campement d’autres trekkeurs, le premier que nous voyons depuis 5 jours. En allant les saluer, nous nous apercevons qu’il s’agit de 3 français qui font le même trek mais dans l’autre sens, avec seulement un muletier et une cuisinière. On a d’ailleurs bien sympathisé avec eux, au point qu’ils nous ont filé des barres de céréales au chocolat/caramel qu’ils avaient en trop !! Le tout sans réclamer de régalo :)

Plus encore qu’à Huillca cette vallée est habitée, il y a même une piste carrossable qui y mène. De ce fait, on viendra vous proposer des bières ou autres dès votre arrivée.

59. trek de l'Alpamayo Pérou

6eme jour : De jancapampa à Huercacocha

- 13,9 km en 6h00 de marche, dénivelé positif : 1 208 m, dénivelé négatif : 779 m

Coupe Jour 6

Ce matin, le soleil est de nouveau avec nous !!! La vue sur le glacier juste en sortant la tête de la tente est sublime !

Comme il n’a pas gelé pendant la nuit et que nous sommes dans une vallée bien large, le soleil arrive assez vite sur nous et c’est beaucoup plus tôt que tôt que d’habitude que notre tente est sèche. Du coup c’est vers 7h30 (soit pratiquement une heure plus tôt que les autres jours) que nous nous mettons en route. Direction cette fois le col de Tupatupa.

Glacier trek de l'Alpamayo Pérou

Nous descendons tout d’abord quelques kilomètres dans la vallée de Jancapampa jusqu’au village de Pishgopampa. Juste avant d’y arriver, nous croisons un homme à qui nous demandons notre chemin et qui nous indique un raccourci pour récupérer le sentier. On ne se fait pas prier et nous voilà partis pour notre première montée de la journée.

Nous arrivons ensuite dans un petit village où les habitants sont tous en train de sortir leurs troupeaux et de les amener paître sur les hauteurs. On sent qu’on part plus tôt que d’habitude puisque les autres jours, les troupeaux croisés étaient déjà bien installé dans leurs alpages.

Trek d el'Alpamayo Pérou

trek de l'Alpamayo Pérou

Un col qui ne vient jamais

Le chemin n’est pas raide et bien tracé, donc franchement pas désagréable, sauf que la vallée zigzag masquant encore et toujours un col qui semble ne jamais arriver. Les paysages sont beaux, mais c’est vrai qu’au bout d’un moment la faible pente fait qu’on ne monte pas beaucoup et donc que la vue n’est pas très changeante.

65. Trek de l'Alpamayo Pérou

6ème col du trek: Le tupatupa à 4 150 m d’altitude

C’est finalement vers 11h30, soit 4h après notre départ (dont plus de 3 heures en montée) que nous arrivons enfin au col tant attendu !!! De là, la vue est dégagée sur différents sommets enneigés, dont le Pucajirca Oeste dont nous avions pu admirer l’autre face lors du trek de Santa Cruz et notre passage de Punta Union.

 Ad's passage de col Trek de l'Alpamayo

Pics enneigés tour de l'Alpamayo Pérou

Comme la montée, la descente se fait tout en douceur vers la vallée Tuctubamba. Le soleil est toujours de la partie, ajoutant encore plus de charme aux lieux. Arrivés en bas, nous nous posons pour faire le point sur la suite du trek et l’endroit où nous allons dormir. En fait, au nous hésitions entre dormir à la lagune de Huercacocha pour ensuite passer par le col de Pucaraju (4 640m) et rejoindre le circuit de Santa Cruz (en sens inverse que celui que nous avions pris pour le faire quelques jours plus tôt), ou bien passer par le col de Yanagrahirca (4 300m) et finir notre trek le lendemain. Pour le coup, la réflexion ne fut pas très longue car d’une, prendre ce dernier col était pour nous l’occasion de faire un chemin que nous ne connaissions pas et de deux, finir le trek le lendemain signifiait surtout pour nous que notre régime alimentaire n’allait plus se cantonner à de la polenta sucrée (perso, dès le troisième jour je fantasmai toute la journée sur une soupe de nouille instantanée, c’est dire….) !! Cependant, nous voulions tout de même dormir à la lagune pour la voir, nous décidons donc de faire un petit détour afin de dormir en face de celle-ci.

69. Vallée trek de l'Alpamayo Pérou

tour de l'Alpamayo Pérou

Direction la lagune de Huercacocha

Nous reprenons la marche et au bout d’une petite heure, nous arrivons au bout de la vallée. De là, il ne nous reste plus qu’à remonter quelques centaines de mètres pour arriver aux bords de la lagune. Pour cette dernière partie, nous arrivons en même temps qu’un groupe de français qui le faisait en tour organisé et qui campe au même endroit que nous. Une fois nos sacs posés, nous allons d’ailleurs saluer leur guide et muletiers afin d’échanger avec eux lorsque l’un des trekkeurs vient vers nous en nous tendant gentiment une bouteille de Coca Cola !! Trop trop gentil !!! Le guide nous apprend ensuite que si nous passons par le col de Yanagrahirca nous n’aurons qu’une journée d’environ 4 ou 5h le lendemain pour arriver à Vaqueria. C’est donc tout excités de savoir que la fin du trek est proche que nous sirotons notre Coca, face à la lagune.

Le soir, dans la tente, l’excitation est à son comble et on s’autorise toutes les fantaisies possibles : finie la polenta sucrée, comme nous finissons le trek en 7 jours et que nous avons prévus 10 jours de nourriture, nous faisons péter les sandwichs thon-moutarde pour un repas du soir !!!!! Oui, bon, j’ai pas dit que ça allait être excitant pour tout le monde hein, seulement ça nous a fait tellement plaisir !!!

bivouac tour d el'Alpamayo Pérou

7eme jour : De la lagune Huercacocha à Vaqueria

- 29,9 km en 9 h de marche, dénivelé positif : 2 506m, dénivelé négatif : 2 753m

Coupe Jour 7

Cette fois c’est la bonne, c’est notre dernier jour de trek et c’est toujours autant excités que nous plions notre tente et préparons nos affaires !! Il est 6h30 lorsque nous levons le camp !! Oui, une heure plus tôt que la veille, qui était déjà tôt pour nous, mais pour le coup, nous préférons avoir de la marge car le dernier collectivo ralliant Vaqueria à Yungay passe à cette première vers 13h. Tablant sur 4 à 5h de marche et se prévoyant une marge au cas où on se perde un peu ou que le collectivo passe plus tôt nous partons vraiment confiants. Juste avant notre départ, nous rediscutons avec le guide qui nous explique que le chemin est très facile et il nous indique d’ailleurs un raccourci pour le début de notre journée !

7ème col du trek: Le Yanagrahirca à 4 300m d’altitude

On commence donc par suivre un petit canal, ce qui nous évite d’avoir à re-descendre dans la vallée pour ensuite remonter le flanc de la montagne. Au bout de quelques dizaines de minutes de marche, nous trouvons effectivement un sentier bien large et bien tracé qui monte vers le col.

En regardant la carte, nous savions que nous devions atteindre le col assez rapidement et c’est vers 8h30 que nous passons un premier faux-col, suivit de quelques centaines de mètres plus loin par le vrai col de Yanagrahirca à 4 300 m d’altitude. Notre 7eme et dernier pour ce trek. Le ciel, jusqu’alors un peu brumeux se lève peu à peu et nous laisse voir de superbes sommets enneigés aux alentours !!

dernier passage de col trek de l'Alpamayo Pérou

trek d el'Alpamayo Pérou

De là, il ne nous reste que de la descente jusqu’à Colcabamba, puis une petite remontée vers Vaqueria où nous sauterons dans le premier collectivo croisé qui nous ramènera vers la civilisation !!! On est tout excité et c’est la fleur au fusil que nous attaquons la descente. On se voit déjà dans le collectivo de 11h, puis manger un bon almuerzo à Yungay vers 14h. Sauf que ça, c’était avant le drame….

Un jour sans fin

La descente en elle-même est vraiment très agréable puisque nous passons par des décors différents du reste du trek. Forêts de sapins, petites chaumières, etc…, cela nous change de nos vallée et cols désertique :) .

sapins trek d el'Alpamayo Pérou

79. chaumière trek de l'Alpamayo Pérou

Plus nous descendons le flanc de la montagne, plus nous nous rapprochons de villages. Sauf que qui dit villages, dit beaucoup de sentiers bien tracés qui partent un peu dans tous les sens. Et ce qu’il devait arriver arriva… ON S’EST PERDU !! Au bout de tout de même plus de 3h de descente, dont quelques passages dans les caillasses comme on les aime, nous arrivons à un village où une piste passe. Alléluia, le guide nous avait justement dit que nous devions tomber sur une piste, puis que nous devions la suivre jusqu’à Colcabamba. On se met donc en route et même si le chemin n’est pas des plus agréables car plein de poussière et en plein soleil, on est surmotivés par l’envie d’arriver.

Sauf qu’on marche, on marche et on ne reconnait rien alors que nous étions passés par Colcabamba quelques jours plus tôt pour le trek de Santa Cruz. Au bout d’une bonne heure de marche, on demande tout de même à un habitant si nous sommes bien sur la bonne route et à combien de temps nous étions du village. Le couperet tombe, selon lui, il nous reste encore 2h30 de marche jusqu’à Colcabamba sachant qu’ensuite nous devrons encore monter jusqu’à Vaqueria… Nos espoirs de partir aujourd’hui s’envolent presque instantanément et pour une fois, c’est Adeline qui relativise et moi qui ne m’en remet pas. Je suis blasé comme jamais. J’ai du mal à me faire à l’idée que je ne mangerai pas ce soir toutes les choses que je m’étais imaginé depuis deux jours… Oui, vous l’aurez compris, la nourriture m’aura beaucoup manqué durant ce trek !!

Pics enneigés trek de l'Alpamayo Pérou

Fin d’une journée interminable

Au bout de quelques kilomètres, j’ai fini par me faire une raison et nous continuons notre marche le long de cette piste qui semble ne plus se finir. Nous passons de vallée en vallée sans jamais rien reconnaître jusqu’à ce qu’un garçon nous indique du bout du doigt le village tant attendu. Colcabamba est en vue !!! Mais une fois là-bas et donc en fond de vallée, il nous faut encore monter les 600 m de dénivelé positif jusqu’à Vaqueria. Nous marchons depuis bientôt 9h dont une majorité sur une piste poussiéreuse et en plein soleil, la fatigue de 7 jours de trek en autonomie s’accumule et à quelques centaines de mètres de notre but, Adeline craque. « Je fais grève 5 minutes » lance-t-elle en lâchant son sac et en pestant contre cette journée interminable. Si seulement les grèves dans les transports pouvaient durer aussi longtemps… Nous reprenons ensuite notre chemin jusqu’à arriver à Vaqueria et de trouver les lieux déserts…

Nous savions qu’il y avait des petites échoppes vendant des boissons et des petits trucs à grignoter mais une fois sur place, tout est fermé… Seconde désillusion de la journée…

La seule âme sur place, un homme réparant sa moto, nous indique qu’il y a un endroit pour poser notre tente et acheter de quoi manger à 10 minutes de marche encore. Plus que saouler de marcher mais n’ayant pas d’autre choix à priori, nous partons sur la piste qui, cette fois-ci, ne monte pas. Un petit quart d’heure plus tard c’est exténués que nous posons nos sacs devant un hospedaje possédant une petite épicerie. Nous dévalisons cette dernière de petits gâteaux, barres de céréales et sodas et profitons de la décharge de nos dos. Il nous restait pas mal de petits snaks dans nos sacs mais la vue du chocolat nous a vraiment rendu dingues !! Sans parler des boissons gazeuses, Adeline n’est vraiment pas fan des sodas mais là pour le coup elle s’est jetée sur un coca bien frais ! En plus sans le vouloir la vendeuse lui a donné une bouteille portant mon nom…La grande classe!!!

Ad's fin de trek. tour de l'Alpamayo Pérou

Ca y est, le trek est fini !!

Nous aurons marché environ 9h durant cette journée qui ne devait en compter que 4 ou 5, mais nous nous détendons assez vite et c’est vraiment fier de nous que nous profitons de l’instant. Il s’agit de notre second trek en totale autonomie et nous venons de le boucler en 7 jours, le tout en portant tout sur notre dos durant tout le parcours. Et pour le coup, même si nous nous sommes perdu durant cette dernière journée, cela ne nous est arrivé qu’une seule fois et bien que le détour fut conséquent (4 à 5 h) nous n’avons jamais été perdu à ne savoir où aller.

Un havre de paix qui nous a tout fait oublier

Une fois repus de notre grignotage, nous demandons combien coûtent les chambres. La réponse nous assomme un peu : 70NS pour une chambre. On demande alors ce que coûte un emplacement de tente et là, la femme nous répond « Ah vous avez votre tente, dans ce cas c’est gratuit !! » Youpi !!

On la monte donc et profitons des derniers instants du jour pour la faire sécher.

Pour notre repas du soir, nous avions vu que l’hospedaje faisait également à manger et nous lui commandons donc deux truites. Oui, c’est jour de fête alors on se fait plaisir !! Elle va donc les pêcher devant nous dans son petit bassin d’élevage et quelques heures plus tard nous les dégustons pour le plus grand plaisir de nos papilles !!

Amanda, la proprio était vraiment super sympa. Une vraie mère de substitution après ces 7 jours de trek. Son hospedaje, (Hospedaje Hilary) était un véritable havre de paix face aux montagnes. Nous y étions ce jour-là les seuls touristes et c’est donc vraiment au calme que nous avons pu profiter des lieux. En prime, on s’est fait totalement adopter par Domingo, son chien, qui ne nous a pas lâcher, jusqu’à dormir devant la tente toute la nuit pour veiller :)

Avec Amanda Vaqueria Pérou

Adri et son nouveau pote squatteur de tente!!!

 Adri et domingo tour de l'alpamayo Pérou

Retour sur Huaraz

Le lendemain, nous prenons également notre petit déjeuner dans l’hospedaje (oui le jour de fête s’étale un peu) avec au menu œufs brouillés, pain et fromage. On précise à notre hôte, que les français adoreeeeent le fromage et ni une ni deux, elle s’empresse de nous en resservir une portion :)

Ade et son fromage trek d el'Alpamayo Pérou

Une fois nos affaires prêtes il ne nous reste plus qu’à attendre à l’entrée de l’hospedaje qu’un collectivo passe. Au bout de plus de deux heures, l’un d’eux arrive et nous embarque en nous précisant qu’il doit d’abord aller chercher d’autres passagers un peu plus loin. Au final, il est parti jusqu’à Yanama (à quelques kilomètres de là) et ce n’est que vers midi que nous en sommes partis… Mais bon, ce qui compte c’est que 3h30 plus tard nous arrivions à Yungay où un collectivo nous prenait tout de suite pour Huaraz que nous avions quitté 8 jours plus tôt. La route encore une fois était magnifique et nous sommes passés pour la troisième fois du séjour devant la lagune Llanganuco qui était toujours aussi turquoise!

Sur la route de Vaqueria Pérou

 lagune de llanganuco Pérou

Nos impressions sur ce trek

Il était notre second trek en autonomie mais avant tout notre plus grand défi du voyage puisque nous sommes partis 7 jours sans aucune possibilité de ravitaillement en cours de route et à des altitudes majoritairement situées au-dessus des 4 000m. Pour nous, tout d’abord, ce fut donc une grande fierté de pouvoir le faire et le finir sans problème, ou presque si on compte le détour pris le dernier jour. Les paysages sur la Cordillère Blanche étaient vraiment magnifiques et nous nous sommes vraiment sentis seuls au Monde la majeure partie du temps.

Sur nos 7 jours de trek, nous n’avons croisé que 3 groupes de marcheurs !!

Au niveau physique, ce trek est naturellement plus éprouvant que celui de Santa Cruz car les dénivelés y sont bien plus importants et la distance parcourue également. L’une des difficultés est ici qu’il faut partir avec tout ce dont on a besoin pour la durée du trek ce qui implique des sacs lourds (pour rappel, le premier jour nous avions chacun plus de 20 kg sur le dos). Il est bien sûr possible de se faire accompagner d’un muletier pour plus de confort, certains le prennent d’ailleurs uniquement pour les deux premiers jours qui sont ceux où les sacs sont les plus pleins et les dénivelés positifs parmi les plus importants.

Adri trek de l'Alpamayo Pérou Nous deux dans la tente trek de l'Alpamayo

Nous deux trek de l'Alpamayo Pérou

Ade trek de l'Alpamayo Pérou

Un petit bémol sera tout de même à apporter à nos contacts avec certaines populations locales qui ont tendance à nous prendre pour des portes-monnaies sur pattes et qui nous réclament sans cesses des cadeaux, chocolats ou caramels, sans même un bonjour… On a trouvé ça un peu moyen.

Pour le reste, ce n’était vraiment que du bonheur et on le recommande vraiment car les paysages étaient sublimes.

Alpaga Pérou

Infos pratiques pour vous futurs voyageurs ;)

- En octobre 2015, 1 euros = 3,6O Soles (NS)

Transports :

Collectivo Huaraz – Caraz : 6 NS/pers (1h30)

Collectivo Caraz – Huancarhuaz : 15 NS/pers (2h)

Collectivo Vaqueria – Yungay : 15 NS/pers (3h)

Collectivo Yungay – Huaraz : 5 NS/pers (1h)

Entrée au parc Huascaran : 65 NS/pers, valable 21 jours.

Hébergement:

Où: A Vaqueria

Nom: Hospedaje Illariy

Prix: Gratuit en tente

Sanitaires: Communs à l’extérieur, eau chaude

87. hospedaje Vaqueria Pérou

 Chez Amanda Vaqueria Pérou tente fin de trek Pérou