Saül, au coeur de la Guyane 

Perdue au fin fond de la forêt amazonienne, la petite commune de Saül est l’un des endroits les plus reculés de Guyane.

Bon, quand on dit petite commune c’est par le nombre d’habitants qui y vivent à l’année, puisqu’on en compte environ 80, et pas par sa taille puisqu’elle fait quand même 4 475 km², soit pratiquement la taille du département de la Loire… (mes origines stéphanoises remontent !!).

Plan de Saül

 Comment s’y rendre ?

Là, ça se complique un peu. Le village est complètement isolé en plein centre de la Guyane, donc pas le choix, on prend l’avion. Là encore, il ne faut pas s’attendre à des gros porteurs, on embarque dans des petits coucous de 17 places !!

Bon, c’est vrai, on peu aussi y arriver par voie terrestre, il y a même une piste qui est prévue pour ça. Mais il faut sacrément aimer la forêt car il faut (aux dires des habitants du village) 25 jours de marche ou 15 en quad… Va savoir comment on fait pour l’essence pendant 15 jours d’ailleurs  8-O

On a donc pris Air Guyane Express, qui est la seule compagnie à desservir la commune. On compte environ 40 minutes de vol pour un prix de 75 € l’aller.

Avion Saül air Guyane express

Où loger ?

Chez lulu à Saül

Depuis quelques années, le tourisme s’est développé à Saül et on y trouve facilement un endroit où poser son hamac ou pour les plus en besoin de confort, un chambre avec lit.

Pour notre part, nous avons dormit chez Lulu (qui fut le premier à proposer ce type d’hébergement dans le village) pour 10€ la nuitée en hamac. Espace cuisine, douche et toilette, l’essentiel est là et tout est bien propre.

Où manger ?

La plupart du temps, ceux qui proposent des hébergements peuvent également fournir le couvert. Il y a également deux petits restaurant locaux dans lesquels vous pourrez goûter à du gibier selon la chasse. Le prix est toutefois plus élevé que sur le littoral. Nous, on avait prévu le coup en emportant de quoi manger (taboulé, conserves ou encore les indémodables soupes de nouilles !!), mais on peut également acheter sur place dans une des deux petites épiceries du village. Mais dans ce cas, attention quand vous regarderez les prix, ça pique les yeux !!

Notre périple

Jour 1 :

Départ de Cayenne vers midi avec une première péripétie à l’aéroport : comme on vous l’a dit plus haut, la nourriture coûte très cher à Saül, on avait donc prévu le coup en emportant dans nos sac des boites de conserve de ratatouilles et de taboulé. Pour répartir le poids des sac on avait mis tout ça dans nos sac en cabine, sauf qu’arrivés aux contrôles de sécurité, impossible de passer car les boites en question contenaient du liquide… :/ L’enregistrement des bagages en soute étant terminé, il nous a fallut négocier d’arrache-pied avec la sécurité pour qu’ils nous laissent monter avec.

Après avoir découvert notre petit avion de 17 places, nous voilà parti pour l’aventure !! Première escale à Maripasoula d’un petit quart d’heure avant de repartir pour notre destination finale.

Panneau Saül

Dès notre arrivée, on voit qu’on est vraiment ailleurs. Ici, pas de tarmac en goudron ou en béton, nous atterrissons sur une piste en terre battue. Il faut savoir qu’il s’agit de la seconde plus grande de Guyane après celle de Cayenne et qu’elle est la seule capable d’accueillir les avions venant de la métropole au cas où l’aéroport de Rochambeau soit inaccessible !! L’aérogare ressemble plus à un carbet qu’autre chose ce qui rajoute du charme à l’endroit.

Une petite navette (gratuite) nous dépose dans le village qui est situé à quelques kilomètres de là. On peut également passer par la forêt à pied si l’on veut, mais attention, juste après une bonne pluie et des sacs sur le dos, ça peut bien glisser !!

On découvre alors un petit hameau dans lequel les routes sont en terre battue (ou plutôt en boue quand comme nous on y va en saison des pluies) et où tout le monde se déplace en quad.

Saül, Guyane

église de Saül

Mairie de Saül

Carbet Lulu SaülPour l’hébergement, on a jeté notre dévolu sur le carbet de Lulu. On fait donc connaissance avec sa femme, Séverine, puis on pose nos sacs à dos pour faire une première petite rand. Bon, il était 17h45 quand on l’a commencé et 18h lorsqu’on est arrivé au point de vue qui est au bout de la balade, donc je ne sais pas si on peut vraiment parler de rando mais bon… :)

De là, on se retrouve seul dans un belvédère à observer la forêt et le coucher du soleil. On voit même passer un couple de Aras rouges devant nous… Magnifique spectacle !!

Village de Saül

Ade à Saül

Point de vue du belvédère

On fini par redescendre à la lumière de la frontale en glissant une ou deux fois sur des plaques boueuses avant de revenir au camp. Après le repas, nous remontons dans le carbet-accueil de chez Lulu où nous passons la soirée en compagnie des autres locataires ainsi que Séverine qui nous en dit un peu plus sur l’histoire de Saül.

On fini par redescendre se coucher, Adeline un peu éméchée après un planteur plus que généreux !!!  :-D

Jour 2 :

Fromager SaülDebout à l’aube (6h, 6h30) pour commencer le plus tôt possible la randonnée du Mont la Fumée (4h30). On décolle à 8h. Le parcours en lui même est bien sympa, mais le point de vue qui est indiqué sur la carte n’en est plus un car la végétation a depuis repoussé et obstrue complètement la vue. Néanmoins, on a pu voir quelques singes Mains jaunes sur la fin du parcours.

 

 

Liane

Grenouille Saül

De retour chez Lulu, on prend du temps pour manger et surtout faire la sieste après notre matinée sportive. Puis, vers 14h 30, on commence une seconde randonnée, celle des Gros Arbres (notez les noms très recherchés :) ), mais à mis parcours, nous rebroussons chemin car l’orage fait rage et outre la pluie qui ne nous dérange plus trop lorsqu’on est mouillé jusqu’au boxer (pour ceux qui portent des caleçons ça marche aussi et pour les autres, vous avez compris :) ), ce qui nous inquiète un peu plus ce sont les éclairs qui ne tombent pas très très loin… Lorsqu’on voit le nombre de chablis (arbres tombés) autour de nous et qu’on sait que la première cause d’accident en forêt est due à des chutes de branches, on ne tente pas non plus le diable et on rebrousse chemin à quelques centaines de mètre de la fin de la boucle.

Saul

Ad's sous la pluie Saül

Arrivés au village, on découvre avec amusement un petit attroupement réuni sur la place de la fête où un écran géant à été installé et sur lequel on peut suivre le match féminin France/Brésil.

Nous profitons du répit accordé par la pluie pour nous balader dans le village. On comprend vite pourquoi tout le monde se déplace en quad lorsqu’on voit de la boue de partout !! Il faut bien faire attention où l’on met les pieds si on ne veut pas glisser et se retrouver par terre…

boue a Saül

casino Saül

Lorsqu’on revient à notre carbet, on apprend que nous n’avons pas été les seuls à être dérangé par le mauvais temps. L’avion qui devait faire la liaison avec Cayenne n’a pas pu se poser et est reporter au lendemain…

Jour 3 :

On se lève tôt pour pouvoir faire la plus grande randonnée balisée de Saül, Roche Bateau (15km soit 7h de marche).

panneau indicateurOn sait qu’il y a un carbet à deux heures de la fin de la ballade sur la crique popote, on décide donc d’y passer une nuit. Mais avant tout, passage obligé par l’une des deux épiceries du village pour pouvoir s’acheter un pique nique. L’addition pique pas mal : 21,80€ pour trois mini boites de pâté, deux mini baguettes, des crackers et une petite bouteille de rhum (2€ sur le littoral, 6,80€ ici !!!). Bon, en contrepartie, le vendeur est super sympa et nous donne une boite de Vache qui rit périmée de quelques jours et qu’il ne pouvait donc plus vendre ainsi que deux bâtons pour la randonnée.

On prend le sentier à partir de 9h15 avec un compagnons qui ne nous lâche pas pendant plus d’une heure. Adeline ayant la passion pour les chiens (ou pas…) il doit le sentir et ne fait que la coller durant tout le trajet.Kanawa

Le sentier est complètement boueux ce qui nous freine pas mal, mais au bout d’un peu plus de deux heures, nous arrivons à la crique popote et au carbet de Christian… On s’est en fait trompé de sens pour la randonnée :-? Du coup, après avoir fait connaissance avec notre hôte, nous déposons notre plus gros sac dans le carbet où nous allons passer la nuit, puis nous continuons la ballade pendant une bonne heure pour manger notre casse-croûte au niveau de courant doublé (voir sur la carte des randonnée de Saül).

On est séduit par l’endroit et on se dit une fois de plus qu’on va bientôt quitter un pays magnifique où il fait bon vivre…

pont Saül

Crique popote Saül

Crique popote 2 Saül

De retour à la crique Popote, on installe les hamacs puis on rejoins Christian avec qui nous partageons de supers moments. On lui parle de notre voyage et ses yeux s’illuminent. Il a lui aussi beaucoup voyagé et a vraiment eu un coup de cœur pour l’Inde, notre première destination. C’est lui qui a construit son carbet tout seul il y a plus de vingt ans au bord d’une petite crique. L’endroit est féérique.

Adri Saül

A la nuit tombée, son fils Gaetan, qui a construit sa maison de l’autre coté du ruisseau nous rejoins pour boire l’apéro. Il travaille au Parc Amazonien de Guyane et a tout un tas de petites anecdotes à nous raconter sur les différentes expériences qu’il a vécu en Guyane. Il nous apprend surtout que l’avion pour Cayenne n’a de nouveau pas pu atterrir et que c’est un avion de l’armée qui va faire la liaison le lendemain pour être sûr de pouvoir arriver.

Normalement on devait manger notre repas dans notre carbet, mais ayant bien sympathisé, il nous invite à partager sa table. On lui offre une soupe, lui l’un de ses ananas fraichement ramasser dans son jardin. Un vrai régal. Il nous montre également d’autres fruits de son verger notamment des citrons de l’espace !!!

Ade citron

On part ensuite rejoindre nos hamac pour une nuit paisible au milieu de nul part avec pour berceuse, les clapotis du ruisseau en contrebas.

Jour 4 :

Réveil à 7h30 tout en douceur avec les bruits de la forêt. On plis le camp puis on va rejoindre Christian pour prendre le petit déjeuner (6€). Pain maison, confiture locale, on se régale avant de reprendre la marche direction le village. Derniers échanges avec Christian, qui nous fait même la bise en nous voyant partir. Vraiment un homme à rencontrer.

Christian Saül

Arrivés à Saül, on retourne chez Lulu pour prendre une douche et on fait nos sacs. Ça y est, notre petit séjour dans ce coin reculé de Guyane s’achève…enfin, on l’espère car le temps est de nouveau plus que menaçant et l’avion pour Maripasoula risque de ne pas se poser !!

Village SaülAprès avoir cherché Lulu de partout dans le village pour le payer, on le retrouve finalement à l’aéroport complètement saoul. Il attend le retour de sa femme, infirmière à Cayenne (encore une :) ). Le temps se gâte et l’avion qui devait atterrir à 13h45 n’est toujours pas là à 14h20… Finalement, on entend le bruit d’un moteur qui approche et il fini par arriver un quart d’heure plus tard. Ouf !!

Nous décollons à 14h45 direction notre deuxième étape de notre voyage : Maripasoula

nains Saül