Le Gange à Varanasi

Après avoir parcouru le pays des rois, le Rajasthan et fait une petite halte à Agra pour voir le Taj Mahal, nous entrons plus profondément dans la vallée du Gange !! Fleuve mythique pour ses ablutions, ses crémations, mais également pour son incroyable pollution. C’est à Varanasi que nous avons décidé d’aller à sa rencontre.

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Le trajet jusqu’à Varanasi

Nous quittons notre famille indienne d’adoption (voir notre article sur Agra) et nous voici parti pour un voyage de 15 heures dans un train de nuit… Une fois de plus, on se sent observés de toutes parts et pas forcément très à l’aise. A notre montée dans le train à Agra, Piyush, le père de la famille en question, monte avec nous, trouve une dame à l’intérieur du wagon et lui demande de veiller sur nous pendant le trajet. Ils échangent leurs numéros et durant toute la nuit, ils s’envoient des messages pour être sûrs que tout se passe bien pour nous. Incredible India :)

Arrivés à l’aube à Varanasi, on se met en marche, direction les berges de Gange où nous attend notre auberge de jeunesse.

Varanasi à l'aube

Rencontre avec le Gange

Les sacs posés, pas de perte de temps et direction le fleuve. On passe une Ghât (passage pour accéder au Gange) et nous y voilà enfin. Il est à peine 7h30 quand nous y arrivons, mais déjà, le soleil tape très fort !!

Varanasi, le Gange

Le Gange, Varanasi

Adeline, le Gange, Varanasi

Le Gange, Varanasi Le Gange, Varanasi
Le Gange, Varanasi

Le Gange, Varanasi

On descend le long de la rive ouest et on découvre peu à peu la vie qui s’y agite. 

Fakir Varanasi

Les crémations

On avait beaucoup entendu parler de cette pratique dans cette ville. On vient brûler les morts sur les bords du fleuve avant de lui confier les cendres. On espérait donc pouvoir assister au moins à une crémation pendant notre court séjour dans la ville. Bon, autant dire que pour ça, on a été plus que servis !! En réalité, des gens venus de toute l’Inde viennent ici pour que leur enveloppe charnelle soit brûlée sur les rives du Gange. Du coup, on avait à peine fait 100 mètres, que nous tombons sur un lieu de crémation où des familles se réunissaient autour des défunts qu’ils plaçaient sur un bûcher. Ils laissent bien volontiers les gens y assister mais insistent pour qu’il n’y ait pas de photos prises. On se pose donc pour observer ce curieux rituel, en silence.

Il y a une vraie hiérarchie dans la crémation à Varanasi. Plus la famille est riche, plus le défunt va être brûlé près du fleuve et plus son tas de bois va être important. Lorsque la famille est trop pauvre, il arrive souvent qu’elle ne puisse pas acheter assez de bois pour que le corps se consume entièrement… Les restes sont alors rejetés au fleuve. On voit près des ghâts de nombreux tas de bois qui attendent d’être achetés par les familles.

Bois de crémation, Varanasi

On a par contre été sacrément énervés de voir d’autres touristes arriver avec leur gros téléobjectifs et mitrailler le « spectacle ». Lorsque les familles les rappelaient à l’ordre ils faisaient genre « non non, on ne prend pas de photos, on a juste notre gros reflex qui pend autour du cou et on appuie sur le déclencheur l’air de rien dans la bonne direction » !!

Les vaches sacrées

S’il y a bien une ville en Inde dans laquelle on a bien compris que les vaches sont sacrées, c’est bien ici !! Bon, c’est vrai qu’on en voit de partout dans le pays mais là vraiment il y en a de partout.

 

Vache, Le Gange, Varanasi Buffles, Varanasi Vache sacrée, Varanasi

On en croise même sur les murs de la ville :)

Tag Varanasi

Lorsqu’on se rapproche des ghâts, les ruelles se resserrent et elles prennent vite de la place. On ne vous parle même pas de leur bouses qui jonchent le sol un peu partout ajoutant de douces effluves à nos narines déjà peu épargnées !!

« Aucun microbe qui se respecte ne saurait vivre dans une eau pareille »

La citation est de Marc Twain et résume assez bien ce qu’on peut voir du Gange… On était habitués à voir des détritus un peu partout en Inde, mais c’est bien dans cette ville que le phénomène atteint son paroxysme depuis le début de notre voyage !! Le fleuve a beau être sacré, ce n’est pas pour autant qu’on l’épargne… Entre les différents déchets domestiques, les emballages, mais également les tissus qui drapent les défunts avant leurs crémations, les cendres de ces derniers ou les restes de corps non calcinés faute de bois, sans oublier tout ce que rejettent les industries en amont… Tout y est jeté, ça en fait mal au cœur…

Déchets, Gange, Varanasi

À coté de ça, il s’agit d’une fleuve sacré, donc on s’y lave pour se « purifier » et on y lave également les animaux…

Bufles, le Gange, Varanasi Ablution Gange, Varanasi Le Gange, Varanasi

Le Gangā Ārti

Chaque soir, au coucher du soleil, on peut assister à une cérémonie hindoue sur les rives du Gange : le Gangā Ārti. Ce rituel quotidien célèbre, à Varanasi, la déesse du Gange, à travers différentes étapes. Sept Brahmanes prennent place sur des estrades disposées près du ghât de Dashashwamedh, face au fleuve et débutent leur incantations. Munis de différents objets, ils répètent inlassablement les mêmes gestes dans les quatre directions (nord, sud, est et ouest), afin de bénir leur divinité.

Gangā Ārti Gangā Ārti Gangā Ārti

Dassehra

Gros coup de chance pour nous, notre séjour correspondait également avec la fête hindoue Dassehra qui symbolise la victoire du bien sur le mal. À cette occasion, on construit des maquettes mettant en scène des divinités qui livrent bataille. Une fois construite, on les apporte sur les rives du Gange pour lui en faire offrande. Une chose de plus jeté dans le fleuve… Cela crée d’impressionnantes processions vers les ghâts.

Dassehra, Varanasi

Dassehra, Varanasi
Dassehra, Varanasi

Balade sur le Gange pour le lever du soleil

On ne pouvait pas quitter le Gange sans s’y être promené !! Du coup, hop, on met le réveil avant l’aube (à 5h du mat quoi) et on longe les ghâts à la recherche d’une barque qui nous ferait faire un petit tour sur le fleuve. Après avoir errer plusieurs minutes à négocier le prix auprès des différents « marins d’eaux douces », on a fini par s’inquiéter un peu vu qu’on sentait que le soleil n’allait pas tarder à pointer le bout de son nez. On a donc pas trop fait les difficiles et on a embarqué. C’est vraiment reposant de voir les rives qui commencent à s’animer depuis le calme des eaux du Gange. La luminosité sur les bâtiments changent, puis, le voilà qui sort de l’horizon.

Lever de soleil, Gange, Varanasi

Gange, Varanasi

Adrien, Gange, Varanasi Lever de soleil, Gange, Varanasi Adeline, Lever de soleil, Gange, Varanasi

Infos pratiques pour vous futurs voyageurs ;)

Hébergement

- Après avoir passé deux nuit à Agra et avoir eu l’impression de payer une fortune en Guest House, on a décidé de jouer la carte de l’économie pour Varanasi. On a donc pris une chambre à Maa Vaishno Guest House et pour 260 roupies la nuit, ça nous allait très bien. L’emplacement proche d’une ghât était un bon point. Par contre, pour le reste, vu le prix on ne pouvait pas s’attendre à quelque chose de transcendant… Les chambres étaient bien crades comme le reste de l’endroit (si vous aimez voir des souris courir un peu partout et le responsable vous dire « it’s normal » c’est ici que vous devez aller :)

Balade sur l’eau

- Si vous allez à Varanasi, on vous conseille vraiment de le faire. Deux horaires à privilégier : soit comme nous à l’aube pour voir le coucher du soleil, soit à la tombée de la nuit, vous demander à votre « capitaine » de vous amener voir le Gangā Ārti depuis le fleuve. Nous, on a pris une demi heure pour 100 roupies chacun (on peut descendre plus, c’est juste qu’on a manqué de temps pour le faire), mais si vous décidez d’y aller le soir prenez plus longtemps histoire de pouvoir profiter de la cérémonie dans son intégralité. Pensez également à regarder votre montre !! Notre piroguier (ça c’est nos restes de la Guyane) a confondu 30 minutes avec 20 minutes, du coup il a fallut lui rappeler pour qu’il veuille retourner faire un petit tour…

Attention, chauffeur de rickshaw méchant !!!

- Pour notre dernière soirée en Inde, nous sommes revenus à Varanasi pour y prendre l’avion le lendemain. En sortant de la gare, nous nous sommes dirigés vers un quartier bourré d’hôtels pour passer la nuit. Comme d’habitude, des chauffeurs de rickshaws nous ont abordé et nous ont suivi. Sauf que lorsqu’habituellement ils nous lâchaient les baskets au bout des 200 mètres, cette fois, il y avait un irréductible qui nous a suivi jusqu’au bout en nous affirmant qu’il s’agissait du quartier indien et qu’on ne pouvait pas y loger, qu’il nous fallait aller plus de 1 km plus loin et bien sûr faire appel à ses généreux services… Du coup, dès qu’on rentrait dans un hôtel, le réceptionniste nous disait qu’il leur restait des chambres, mais ce bon vieux chauffeur arrivait derrière, lançait un truc en hindi et comme par enchantement, il n’y avait plus de place… Au bout de deux ou trois hôtel, on a commencé à bien hausser le ton avec lui. Il est parti plus que mauvais et hop, comme c’est bizarre, l’hôtel suivant avait plein de dispos…